Obstacles à la recherche appliquée lors d’une pandémie

Laura Richard

Dre Laura Richard, D.Phil (Oxon)

Directrice de recherche

Le Nouveau-Brunswick est un important pôle de recherche avancée qui s’effectue dans les universités, les collèges et les institutions. Mais comme pour les autres aspects relatifs à l’économie, le moteur de la recherche a été très touché par la crise actuelle de la COVID-19.

Nous avons parlé à plusieurs chercheurs boursiers de la FINB partout dans la province pour prendre de leurs nouvelles et tenter de savoir comment se déroulaient leurs activités en tant de crise. Ils ont été grandement affectés par la pandémie de COVID-19 et par l’état d’urgence déclarée dans la province. Cette crise a été dévastatrice pour les laboratoires et les bureaux, elle a mis un terme au recueillement de données et aux entrevues, interrompu le travail sur le terrain, limité l’accès aux ressources et bien plus encore.

Les projets à plus long terme qui s’échelonnent sur plusieurs années pourront sans doute rattraper le temps perdu et terminer à temps. N’empêche, de nombreux projets importants achèveront avec du retard et auront besoin d’une prolongation ou de financement additionnel. Actuellement, par chance, seulement quelques projets de recherche collaboratifs avec l’industrie ont été annulés, mais en extrapolant, on constate une réticence évidente d’engagement envers de nouveaux projets. Le message perçu est ‘pas tout de suite’ plutôt qu’un ‘non’ catégorique car les individus autant que les organismes ont peine à essayer de mesurer et comprendre les conséquences à moyen et à long terme de cette crise.

À l’instar de nombreux Canadiens, les chercheurs s’inquiètent du recrutement et de la rétention de talents car leurs lieux de travail ont fermé pour une période indéterminée. Les étudiants diplômés, en particulier, s’efforcent tant bien que mal à réaliser le projet de recherche nécessaire à l’obtention de leur diplôme. Certains auront besoin de quatre à six mois supplémentaires pour terminer leur programme, mais ne disposent pas des ressources financières nécessaires pour y parvenir. De plus, le personnel de recherche qui ne peut travailler à distance vit une situation précaire – certains ajustements ont déjà été apportés au sein des effectifs, et d’autres changements seront peut-être nécessaires tandis que la pause se poursuit. Ces travailleurs hautement qualifiés seront difficiles à remplacer, ce qui aurait un impact potentiellement négatif sur le rendement de nos efforts de recherche.

Toutefois, notre communauté de chercheurs ne manque certainement pas de ressort, et elle consacre avec enthousiasme toute sa curiosité et son expertise à résoudre cette crise. La majorité d’entre eux ont choisi de voir la COVID-19 comme un nouveau sujet d’étude et un défi à relever, qui comporte différentes facettes à explorer. Nous voyons des chercheurs de toutes les disciplines dévier de leurs programmes habituels pour se consacrer à la recherche sur la COVID-19, en travaillant conjointement avec l’industrie, les gouvernements et les services sanitaires pour répondre à leurs besoins et à leurs préoccupations. Voici quelques exemples de questions importantes sur les impacts à court et à long termes de la COVID-19 auxquels nos chercheurs du Nouveau-Brunswick s’emploient à remédier :

  • Comment l’isolement extrême affecte-t-il le bien-être des personnes âgées dans les foyers de soins?
  • Comment les dirigeants d’organismes transmettent-ils l’information relative à une pandémie et en quoi cette information affecte-t-elle leurs employés?  
  • Quel est le portrait de l’infection et de la transmission virale dans un milieu rural comme le Nouveau-Brunswick?
  • Existe-t-il de nouveaux genres de masques que nous pourrions fabriquer pour aider à freiner la propagation?

Nous nous réjouissons de voir qu’il y aura des réponses à ces questions et à de nombreuses autres, et c’est pourquoi la FINB, en partenariat avec la Fondation de la recherche en santé du Nouveau-Brunswick, a lancé un nouveau programme destiné à soutenir les chercheurs pour qu’ils puissent en retour relever les grands défis de santé publique causés par la pandémie de COVID-19. Nous planifions soutenir financièrement les chercheurs de la province afin qu’ils puissent poursuivre leur étude sur la COVID-19 à l’égard des priorités de recherche soulevées par l’Organisation mondiale de la santé et ainsi aider le N.-B. à guérir et se remettre de cette crise. Cette démarche permettra également à l’innovation et au dynamisme de s’animer dans le monde de la recherche. 

En tant que province, nous devons adopter une démarche commune pour faire face aux défis que la COVID-19 a engendré au sein de la communauté de recherche du Nouveau-Brunswick. Si nous ne le faisons pas, on verra un plus petit bassin de talents compétents en Recherche et Développement se former et être en mesure de mettre au jour de nouvelles connaissances pour ensuite les commercialiser en produits viables. Nous savons que nous devons faire quelque chose pour venir en aide aux chercheurs de la province et c’est pourquoi nous travaillons étroitement avec le gouvernement et autres bailleurs de fonds pour mettre en place un plan solide destiné à relever ce défi. Nous sommes encore en train d’évaluer les mesures adéquates d’un tel plan, mais quelques options retenues incluent du financement additionnel pour les étudiants diplômés, le soutien au salaire pour le personnel technique, des modifications à la structure habituelle des propositions de recherche et de nouvelles dispositions sur les partenariats de recherche.

Notre objectif est clair – nous désirons aider la communauté de chercheurs du Nouveau-Brunswick à passer à travers cette crise et à en ressortir indemne. Nous resterons en contact étroit avec les membres de la communauté de chercheurs, et si vous désirez partager de l’information avec nous, n’hésitez surtout pas de communiquer avec nous.

Ensemble, nous relèverons ce défi.

Très cordialement,

Dre Laura Richard, D.Phil (Oxon)
Directrice de la recherche
et,
Jeff White, PDG

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